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jeudi 9 octobre 2014

Soulagement

Hier, mes objectifs étaient double :

Appeler le Tribunal de Grande Instance de mon secteur, afin de prendre rendez-vous pour une audience avec le Juge aux Affaires Familiales. Passage obligé pour formaliser notre démarche de Procréation Médicalement Assistée avec don de gamètes (terme officiel). J'ai eu la 2ème chambre en ligne après plusieurs mauvais aiguillages. La dame, très gentille, m'a indiqué la marche à suivre : prendre rendez-vous immédiatement par téléphone (date fixée au 24 octobre prochain), décliner les identités des demandeurs, attendre la réception d'une convocation officielle écrite du Tribunal, et emmener les pièces nécessaires à l'enregistrement de notre requête (pièces d'identité et attestation de la commission, pour prouver notre démarche auprès du CECOS, comme si l'envie aurait pu nous piquer un jour de faire tout ça pour le plaisir... Mais bon, passons...). Les choses ont été réglées en l'espace de cinq minutes.

La deuxième chose que je voulais absolument régler, c'est cette histoire de décalage de date au CECOS. Ça me travaillait beaucoup. Les mois sont comptés et devoir en rajouter presque 6 supplémentaires à cause d'une erreur d'information m'aurait ruiné le moral. J'ai eu la secrétaire en ligne, qui a tenté de me mettre en relation avec ma médecin biologiste, sans succès. Elle m'a demandé de rappeler quelques minutes plus tard. Ces minutes m'ont paru être une éternité. L'estomac noué et le coeur battant à tout rompre. Je me rends compte à quel point les sentiments peuvent être exacerbés dans certaines épreuves... Le stress est omniprésent, sans même que l'on s'en rende véritablement compte...

J'ai rappelé une seconde fois, ai eu une autre secrétaire en ligne, à qui j'ai dû réexpliquer le problème. Par chance, ma médecin semblait être juste à côté d'elle. Elle a donc pu me la passer dans la foulée. La biologiste m'a demandé quel était le problème. Gentille et attentive. Je lui ai expliqué que la date de clôture de dossier figurant sur le courrier accompagnant l'attestation de la commission était au mois de septembre, alors qu'elle nous avait dit que c'était un an après l'ouverture de dossier. Elle m'a demandé la date d'ouverture.
- Ne vous inquiétez pas Madame, effectivement, c'est une erreur de courrier, vous savez ça arrive parfois. Votre date d'ouverture de dossier étant fin avril, reprenez rendez-vous fin avril/début mai 2015. Et bonne fin d'année à vous !

J'ai poussé un ouf de soulagement. Mes épaules se sont détendues et mon rythme cardiaque s'est calmé. J'ai annoncé la bonne nouvelle à l'Homme, qui comme à son habitude, a manifesté beaucoup d'enthousiasme : - Cool !

Mais ce matin, il m'a quand même glissé à l'oreille qu'il était soulagé que ce soit bien au printemps et pas à l'automne.

De quoi mettre un peu de soleil dans cette journée qui s'annonce grise. 

mardi 7 octobre 2014

Parlons peu mais parlons bien

Je viens donner quelques nouvelles.

Non pas que j'étais morte ou indisposée ou que sais-je d'autre, mais tout simplement qu'il n'y a pas eu de réèlles avancées jusqu'à aujourd'hui. Les cycles se suivent et se ressemblent.

Je ne compte plus.

Je sais juste que fin janvier prochain, ça fera 2 ans que nous aurons débuté les essais bébé. De quoi déprimer, si ce n'est de se dire aussi, que plus les mois passent, plus ça nous rapproche de notre rêve de famille commune avec l'Homme. De rajouter un maillon à cette famille hyper recomposée. Ma famille. Ma version du bonheur. 

La commission qui suit notre dossier IAD s'est réunie fin septembre et a statué positivement, nous autorisant ainsi à poursuivre les démarches administratives. Le courrier réceptionné il y a quelques jours, nous permet (enfin, me permet, ce genre de choses, c'est moi qui m'y colle, l'Homme gère le chantier de la maison) de pouvoir appeler prochainement le Tribunal de Grande Instance et prendre rendez-vous pour formaliser et cadrer d'un point de vue juridique, le futur statut de père de l'Homme. Etape administrative, certes, mais aussi ô combien symbolique pour ce dernier. La société reconnaît son désir de paternité. Mieux, elle l'inscrit légalement aux yeux du monde.

Parallèlement, j'ai appelé le secrétariat de mon gynécologue, afin de prendre rendez-vous pour un check-up complet. Je devrai très certainement prendre un autre rendez-vous dans la foulée pour une hystérographie. Mais chaque chose en son temps. Rendez-vous fixé au mercredi 14 janvier. Tout roule de ce côté-là.

J'ai cependant une petite pointe d'inquiétude, qui a fait chuter mon moral à la réception de la lettre de la commission. Un courrier l'accompagnait. Dans ce courrier au nom de notre biologiste, mais pas signé par elle, nous est demandé de prendre rendez-vous pour la clôture de notre suivi avant que les choses sérieuses ne commencent en septembre 2015. Mon coeur a raté un battement en lisant la date. Je m'explique : dans le calendrier de suivi qu'on nous a remis au début de notre démarche au CECOS, ce fameux dernier rendez-vous devait avoir lieu 1 an après le rendez-vous d'ouverture de dossier. D'où l'importance de cette fameuse date, selon la médecin biologiste : le 30 avril 2014. Donc logiquement, le rendez-vous de clôture aurait dû avoir lieu au printemps...

J'appréhende d'appeler le secrétariat pour m'entendre dire que les délais se sont rallongés, ou que la médecin s'est trompée (quoique j'ai un gros doute qu'elle se soit trompée : elle est médecin au CECOS depuis un paquet d'années)... Mais je vais prendre mon courage à deux mains et téléphoner encore cette semaine.

Ça en fait des coups de fil à donner. Le bonheur tient à ça parfois.

vendredi 5 septembre 2014

Ma biologiste bien-aimée

Nous sommes retournés au CECOS Mulhouse hier, pour le dernier entretien avant que la Commission se réunisse pour statuer sur notre cas.

C'était un rendez-vous somme toute plutôt détendu. Notre médecin se montre toujours aussi ouverte et à l'écoute. Je remercie le Ciel chaque jour, de tomber sur des professionnels de santé compréhensifs et professionnels. On entend tellement de chose sur le monde médical. De ce côté là, au moins, je me trouve plutôt bien lôtie : un généraliste adorable avec mes enfants et très compétent, drôle et caustique même. Un gynécologue professionnel, à l'écoute et bel homme de surcroît (oui, bien sûr, ça ne joue pas sur ses compétences, mais ça ne gâche rien lol), un hépatologue un peu professeur foldingue, pince-sans-rire, que j'ai appris à apprécier avec les années. Une ophtalmologue adorable, une dentiste qui me parle toujours comme si j'avais 8 ans... Bref, la ronde des médecins autour de moi est belle et bien vécue.

Bon, le rendez-vous lui-même n'a rien apporté de neuf. Si ce n'est que j'ai pu apaiser mes craintes face à mes analyses hormonales, particulièrement cette histoire de prolactine et ce taux qui me semblait énorme... Elle a regardé la feuille :
"33,5 ? Oh, je n'appelle pas ça un taux explosé ! Vous êtes quelqu'un de stressée par nature, et les évènements actuels suffisent à faire grimper ce taux à ce niveau. Rien d'inquiétant ne vous en faites pas !"
Pas un mot sur le CMV non plus, j'en conclue que tout va bien. J'étais sensée remplir un questionnaire médical pour connaître mes antécédents. Compte tenu de mon histoire d'enfant adoptée, l'affaire a été vite vue. Puis nous avons signé un papier reconnaissant que nous avions été informés de la procédure d'IAD. J'ai pu demander si ça se faisait de faire des FIV pour favoriser une grossesse gémellaire. Contrairement à la médecin que nous avions vu à Strasbourg, elle m'a dit que non, les grossesses de jumeaux étant d'avantage à risque. Ils ne font rien pour les provoquer. Mais par contre, il arrive plus fréquemment que ce soit le cas lors d'un processus PMA. Nous laisserons donc sagement faire la nature, en espérant déjà en avoir un, ce sera pas mal :)

Elle nous a ensuite dit que la Commission se réunira fin septembre, et que nous recevrons un courrier de confirmation, qui nous permettra de poursuivre tranquillement la procédure. A savoir, prendre rendez-vous au Tribunal de Grande Instance, afin que la future paternité de l'Homme soit reconnue au niveau légal. Ainsi, lui sera protégé dans son statut de père. Moi également, si jamais il venait à me quitter et voudrait se réfugier derrière le donneur pour nier son statut de père. Et pour l'enfant, afin qu'il ait une filiation complète établie.

Je dois également prendre rendez-vous chez mon gynécologue pour un bilan complet, ainsi qu'une hystéroscopie pour voir si mes trompes sont opérationnelles pour une IAD.

Voilà pour les dernières nouvelles du front. Il y aura sans doute des périodes de silence de ma part, car, les rendez-vous vont désormais s'espacer jusqu'au jour J. Mais naturellement, je continuerai à partager cette grande aventure à chaque étape.

jeudi 12 juin 2014

Dans un an... Si tout va bien...

Oui je suis toujours en vie... On pourrait en douter par les chaleurs que nous endurons dans ma région ces derniers temps... Entre 35 et 40°C. Du soleil à gogo, un dernier week-end prolongé le plus possible. Et un moral plutôt bon.

Je suis en C18, 7ème jour du cycle. Ceci, c'est juste pour mémoire on est d'accord. L'importance n'est plus là. Ce cycle-ci s'entame de façon plutôt calme. Des règles courtes (3 jours, et un 4ème de pertes rosées). Et pas encore de douleurs. Ni d'ovaires, ni de seins. Cool.

En fait, je ne passais pas du tout pour parler de ça, car désormais, on s'en fout un peu de savoir que ma température est à 36,2 depuis deux jours, pas vrai ? Je suis venue vous parler de notre second rendez-vous au CECOS de Strasbourg. Oui, compte tenu de mon affection longue durée particulière, les entretiens préalables au nombre deux, se font impérativement au CMCO de Schiltigheim. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça. C'est la procédure. Ce terme va devenir mon mot préféré dans les prochains mois : "procédure". Ex-aequo avec "délais".

Nous avons donc revu la même médecin que sur Mulhouse. Toujours la même bouille de grand-mère bienveillante. Toujours le franc parler et les explications claires et accadémiques. Cette fois-ci cependant, nous n'attendions rien de particulier. Nous avions déjà affronté les mauvaises surprises. Et heureusement, il n'y en a pas eu d'autres. Nous avons ramené les pièces obligatoires pour notre dossier : cartes d'identités, cartes vitales, cartes de groupes sanguins, et attestation de résidence commune. Puis la médecin a essayé une nouvelle fois d'obtenir le caryotype que l'Homme a fait mi mars. Et oui, l'urologue n'a toujours pas eu les résultats. Personne ne sait rien ou ne veut rien dire. Heureusement, elle est persévérante. Elle devrait recevoir une copie en même temps que l'urologue du coup.

Elle nous a expliqué le processus. Long. Mais régulier à priori. Le mois prochain, nous devons revenir à Strasbourg pour le second entretien obligatoire. Cette fois-ci, ce sera avec un médecin PMA. Il nous expliquera le processus pour arriver à l'IAD ou la FIVD. Il nous parlera de l'adoption. Bref, encore un rendez-vous pour pas grand chose. Mais au moins, nous l'avons eu rapidement cette fois encore. Ce sera le 18 juillet. Puis, le mois suivant, donc courant août, nous devrons voir un psychiatre. Suite à ces deux prochains rendez-vous, les médecins que nous avons rencontré se verront et donneront leur accord pour la suite de la procédure de don. Une fois l'accord écrit reçu, nous pourrons nous rendre dans un tribunal de Grande Instance pour formaliser la future paternité de l'Homme. Et oui, quand tu as recours à un don de sperme, et ce, afin d'éviter que l'homme ne fuit ses responsabilités une fois le bébé en route, ou inversement, que la femme refuse à l'homme son droit d'exercer ses prérogatives de père, tu dois absolument faire valider la paternité du futur papa. Ainsi, les deux membres du couple et l'enfant à venir sont tous 3 protégés d'un point de vue juridique. Une fois ces étapes franchies, il y aura une longue phase d'attente jusqu'à ce que l'on reçoive les paillettes d'un donneur. Mais à priori, environ 1 an après le premier entretien (le notre date du 30 avril), nous reverrons notre médecin, qui pourra nous donner une date approximative d'IAD ou FIVD.

Et concernant l'IAD ou la FIVD, ça dépendra des analyses que j'ai à faire. L'Homme et moi avons tous les deux des prises de sang concernant les MST à faire (SIDA, Hépatites, Syphilis, CMV et j'en oublie peut être). Moi j'ai en plus, un bilan hormonal complet à faire à J2 ou J3 de mon cycle : FSH (l'hormone détestée chez l'Homme), LH, prolactine, oestradiol, mais surtout, la fameuse AMH, qui me dira si j'ai un stock d'ovules suffisant pour passer d'abord par des IAD. Si mon taux montre un stock faible, ce sera FIVD directement. Maintenant, je croise juste les doigts pour ne pas avoir de mauvaise nouvelle de ce côté là, ce serait vraiment le coup de couteau ultime.

Le seul problème, moi qui aime bien faire ces choses là le plus rapidement possible : à J2 et J3 de mon prochain cycle, et bien je serai en vacances à l'autre bout de la France. Je ne veux pas m'amuser à faire des examens hormonaux dans un laboratoire inconnu, du coup, je vais devoir attendre le mois d'août. Et ça, j'avoue que ça me gonfle de devoir attendre (en plus du fait que je risque fort d'avoir mes règles durant les vacances, pfffffff). Enfin, en toute logique, et si tout se passe bien (que ce soit au niveau des différents résultats sanguins et hormonaux, mais aussi du succès plus ou moins rapide de l'insémination), je peux espérer être enceinte l'année prochaine à la même période. J'ai besoin de plein de petits doigts croisés.

Ah oui, j'ai oublié d'aborder un dernier point : l'Homme n'a toujours pas parlé à ses parents. J'ai décidé de le laisser gérer. Maintenant qu'il sait les différentes étapes, il m'a annoncé (enfin je lui ai un peu tiré les vers du nez plutôt) qu'il comptait parler à ses parents avant de voir le psychiatre, histoire d'avoir ce poids en moins. Parfait pour moi.

Voilà pour les dernières nouvelles du front. J'ai le coeur léger pour une fois. C'est tellement rassurant de savoir dans quelle direction on va. Pour certains, ce serait une maigre consolation. Pour moi, c'est déjà énorme après toutes les mauvaises nouvelles que nous avons dû encaisser en peu de temps.