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jeudi 17 avril 2014

C16-J9

De retour pour le compte rendu du deuxième rendez-vous avec l'urologue.
Au début, j'ai eu peur en le voyant. Un monsieur âgé aux cheveux blancs, d'extérieur austère. Une fois dans le cabinet, il a changé. Il s'est fait plus chaleureux. Il a interprété les résultats sanguins. Et je pourrais faire médecin : mon diagnostic était (malheureusement) le bon. Le taux très élevé de FSH indique clairement une azoospermie définitive et irréversible. Il n'avait pas encore reçu le caryotype, mais d'après le taux, il penche à 98% pour le syndrôme de Klinefelter.

Je l'ai regardé de biais. C'est quoi encore que ce truc ? Il a donc expliqué que le syndrôme de Klinefelter est une anomalie chromosomique sur la paire qui détermine le sexe. Pour un homme, il y a une paire XY pour une femme XX. Or, chez ces garçons (1/600 à 1/1000 selon les sources vues sur internet), la formule chromosomique est 47XXY. Donc un X en trop. Les symptômes sont les suivants :
- Hypertrophie mammaire
- Testicules plus petits que la normale
- Pilosité quasi inexistante
- Taille souvent bien plus importante que la moyenne
- Email dentaire fragile
- Et bien sûr, la stérilité.
L'Homme a quasiment tous les signes de ce syndrôme, ça laisse donc peu de place au doute. Il a même fait un peu d'humour noir "Ha, c'est pour ça alors que je fais tellement souvent le ménage !" 

L'urologue semblait sincèrement navré de ne rien pouvoir faire pour nous. Il nous a donné le nom d'une médecin biologiste, rattachée au CECOS le plus proche de chez nous (le CECOS étant la banque du sperme). Il nous a dit qu'elle était super sympa, et nous expliquerait la suite du parcours PMA que nous allions devoir suivre pour avoir notre bébé. Il a parlé à l'Homme sur un ton à la fois rassurant et paternaliste, en lui disant que le don donnait de très beaux bébés, que ça marchait très bien, et que dans 2 ans, nous accueillerions notre propre enfant. Et il a dit cette phrase, marquante, belle et très vraie (mais qui a surement sonné creux aux oreilles de mon homme) :
"Vous savez, le père, c'est celui qui fait sauter l'enfant sur ses genoux ! Ah, souvent, c'est facile de devenir père d'un point de vue biologique ! Pour le reste, c'est une toute autre histoire !"

Nous avons pu parler à la sortie du rendez-vous. Personnellement, j'en avais besoin. L'Homme est toujours dans le doute, concernant le don de sperme. Plusieurs raisons qu'il a pu m'expliquer :
La première, c'est le temps et l'implication que demande une démarche PMA. D'après l'urologue, nous pourrions espérer accueillir un bébé d'ici 2 ans. La femme est bien plus sollicitée que l'homme dans un parcours avec donneur de sperme. Les piqûres d'hormones, les inséminations. Tout ça, c'est la femme qui l'endure. Du coup, ça le fait tiquer. D'autant que je me rapproche de la quarantaine. Mon chéri sait que les grossesses sont souvent plus difficiles à cet âge là. La seconde, c'est qu'il a aussi peur de ressentir une "obligation" d'achever le parcours, même s'il venait à avoir des doutes au point de vouloir tout arrêter. Je lui ai dit qu'à ce moment-là, il valait encore mieux tout arrêter, plutôt que d'avoir un bébé non désiré au bout. Ce petit, qui n'aura rien demandé à personne, risquerait d'en essuyer les pots cassés... Mais l'inscription au CECOS doit se faire vite, pour éviter de prolonger les délais. Même si on renonce au bout du compte.

On a également parlé du fait d'en parler à l'entourage. Surtout sa famille. Il n'y a pas encore de petis-enfants de son côté. Mes parents sont plus que comblés à ce niveau là, puisqu'ils ont 7 petits-enfants entre moi et mon frère. J'ai peur que sa famille croit que s'il n'y a pas de bébé, c'est parce que j'en ai déjà trois et que je n'en veux plus. C'est bête, mais c'est important pour moi qu'ils sachent que je n'y étais pas opposée, loin de là. Lui pense que sa famille (ses parents et sa grand-mère en particulier) ne s'opposerait pas du tout à un don de sperme et qu'ils pourraient même apporter le soutien et les encouragements dont mon homme aurait besoin pour surmonter tout ça.

On a aussi réussi à se dire les sentiments moins drôles qui nous sont passés par la tête depuis que l'on sait pour l'azoospermie. De mon côté, je lui ai avoué que j'avais pensé à "faciliter" les choses en allant voir ailleurs. Un ptit coup de canif dans le contrat et hop, un bébé sans passer par la case piqûres, PMA et toutiquanti. Mais ça m'est juste impossible moralement et physiquement. Et je lui ai également avoué que, si j'avais été dans son cas, je l'aurais quitté pour qu'il puisse avoir un bébé avec une autre, tout en lui précisant que ceci ne s'appliquait pas dans le sens actuel. Il a souri.

Lui m'a avoué que ça lui avait traversé l'esprit de me quitter aussi. Mais pas pour les mêmes raisons que moi. Il m'a dit que si de toute façon c'était foutu pour lui, pourquoi s'embarrasser avec une femme qui 3 enfants. Autant reprendre une joyeuse vie de célibataire, avec voyages, potes, et fiestas sans fin. Même si lui m'a affirmé que ça n'arriverait pas, je l'ai un peu mal pris, je l'avoue. Après, je peux tout à fait comprendre. Il a ce fort sentiment d'injustice et d'incompréhension de ce qui lui arrive. Ne pas pouvoir se prolonger dans un enfant, ça ampute forcément de quelque chose.

Voilà ce qu'il en est aujourd'hui. Le prochain rendez-vous, désormais au CECOS, sera le 30 avril. J'étais heureuse d'obtenir un rendez-vous aussi rapidement. Espérons que nous aurons au moins de la chance au niveau du temps, à défaut du reste.

PS : Je compte arrêter d'intituler mes articles comme ça. Désormais, je ne suis plus réellement en essai. Je continue la surveillance uniquement si le médecin a besoin de données au niveau de mes cycles. Donc il y aura des vrais titres dans les prochains temps... 

lundi 14 avril 2014

C16-J6

A l'horizon, rien de spécial. Mes règles sont terminées. Mais pas de tranquillité pour les braves : les symptômes ont déjà repris : tiraillements côté ovaire gauche et seins qui tirent. discrètement mais distinctement. J'ai déjà eu une forte baisse de température ce matin : 36,32°C contre 36,64 hier. Et j'ai déjà pas mal de glaires (miam-miam). Est-ce que ça me promet un cycle court ? Suspense !

Sinon, et bien le rendez-vous tant attendu et tant craint à la fois se rapproche : nous voyons l'urologue mercredi à midi. En espérant que le résultat du caryotype sera arrivé et qu'il sera normal. Ce serait déjà ça de positif dans toutes ces mauvaises nouvelles.

Aujourd'hui, j'ai vu mon hépatologue. Je suis suivie pour une maladie virale chronique qui s'attaque au foie (l'hépatite B pour ne pas la citer) depuis ma première grossesse, puisque c'est à ce moment là que ça a été dépisté. Je devais obtenir de mon médecin de pouvoir continuer mon traitement durant nos essais bébé, car lors de mes précédents essais pour avoir Troisième, j'avais dû suspendre mon traitement de l'époque (un autre médicament), et ma charge virale était remontée en flèche. Ce médicament ci m'avait été prescrit lors du dernier trimestre de grossesse, et, contre toute attente, il avait marché du tonnerre, réduisant ma charge virale à néant. C'est donc en ralant après ma folle envie de 4ème que mon médecin, bourru mais gentil, m'avait autorisé à débuter les essais sous médicament, me demandant à chaque rendez vous "Alors ? Vous êtes enceinte ?" et quand je disais non, il me répondait "Tant mieux !"... Cette fois-ci n'a pas dérogé à la règle, à une petite modification près : "Alors ? Vous êtes enceinte ?" Et moi de lui dire que non, que ce serait bien plus compliqué que prévu, mon conjoint ayant été diagnostiqué azoospermique. Et, alors qu'il s'apprêtait à me répondre "Tant mieux", selon la tradition, je l'ai vu refermer la bouche une seconde. Il a posé une autre question "Vous n'avez pas encore d'enfant ensemble ?" J'ai répondu par la négative. Puis il a ajouté "Il n'a pas d'enfant ?" Encore une réponse négative. Et là, surprise, il m'a demandé sur un ton plein de sollicitude "Et vous ? Le moral, ça va ?"

C'est drôle. Cet éminent docteur en hépato-gastro-entérologie, habituellement renfrogné, plutôt froid, malgré un côté professeur nimbus échevelé, s'est soucié de mon moral. Ça m'a mis étrangement du baume au coeur. Je suis sortie de la consultation de bonne humeur. C'était vraiment très étrange...

Un peu d'humanité dans le monde hospitalier, ça fait du bien. Car à mon avis, des médecins, je vais en voir un paquet dans les prochains temps, et ça ne me réjouissait guère. Ça me permet au moins de relativiser. 

jeudi 3 avril 2014

C15-J24

De retour, après quelques jours d'absence en raison d'un petit déplacement à la montagne pour skier. Libération de l'esprit. Ça a fait un bien fou.

Le retour sur terre a été moyen moyen, vu que les résultats de la prise de sang hormonale de l'Homme nous attendait sur la table. Et c'est pour le moins gratiné. Son taux de FSH explose les sommets. Signe, selon ce que j'ai pu lire, d'une azoospermie secrétoire (donc une absence de production de spermatozoïdes, et non pas juste un obstacle sur le parcours). Et donc peu de chance pour nous de concevoir un jour ensemble ce bébé tant désiré. Vu le taux (24,9 au lieu de 12 normalement), on peut même largement penser que l'urologue ne fera pas de biopsie testiculaire. Le taux de LH est lui aussi hors norme, bien que moins impressionnant que celui de la FSH. La prolactine est juste à la limite haute. Heureusement, la testostérone sauve l'honneur en restant sagement dans la fourchette.

J'ai plus que jamais hâte de voir l'urologue et savoir exactement où nous en sommes et où nous allons, si tant est que nous allons quelque part. C'est lui qui reçoit le résultat du caryotype de l'Homme. Ainsi nous saurons si la cause de l'azoospermie est génétique... Ça arrive parfois. Et dans ces cas là, il n'y a aucune solution autre qu'un donneur ou une adoption.

Je me surprends de plus en plus souvent à me dire qu'il n'y aura jamais de bébé. Et le pincement au coeur, quoiqu'encore présent, est moins douloureux. Les questions se font moins pressantes, quant à la décision de l'Homme sur un éventuel don de sperme. Je n'ai plus hâte de savoir ce qu'il a dans la tête et comment il le vit, même si l'autre jour, il a laissé échapper une remarque, qui me laisse à penser que la situation le touche bien plus qu'il ne veut bien l'avouer. Il a marmonné quelque chose, comme quoi la situation était difficile pour lui par rapport aux enfants (à mes enfants). Et il avait presque les larmes aux yeux en le disant. Je suppose donc que le fait de voir mes enfants évoluer au quotidien sous ses yeux, et le fait qu'il sache qu'il y a de fortes chances qu'il n'ait jamais le sien, ça doit être très dur moralement, et je le comprends totalement. Je ne pourrais pas m'imaginer dans une telle situation une seule minute. Une seule seconde.

J'ai intégré un groupe de discussion sur le net de jeunes femmes dans le même cas que moi. Leurs hommes sont azoospermiques. Elles ont toutes empreinté des voies différentes en fonction de chacun de leurs cas. Mais quel soutien ! Quelle écoute ! Quelle compréhension sur les sentiments douloureux, parfois ambivalents qui nous traversent...

J'achève mon C15 dans une semaine, puisque mon ovulation a eu lieu à J17. J'ai déjà des douleurs post ovulatoires depuis 4DPO, j'en suis à 7DPO aujourd'hui. Les seins qui tirent, le bas ventre douloureux et gonflé et depuis ce midi, des nausées. ma température est à 36,9. Donc en plateau haut.

J'ai beau savoir que ce n'est pas possible, un petit coin de ma tête ne peut s'empêcher de croire à un miracle. Il n'en faut qu'un. Un seul spermatozoïde pour un bébé. Comment se résoudre à cesser d'y croire ? 

vendredi 21 mars 2014

C15-J11

Désolée, je me suis faite attendre pour le compte-rendu du rendez-vous de l'Homme.

Vous comprendrez aisément que les nouvelles ne sont pas bonnes. Du moins ce que j'ai pu tirer de Monsieur à son retour de son entrevue avec l'urologue. Il a eu droit à un examen minutieux de toute sa tuyauterie. Il m'a raconté ça avec un léger rose aux joues honteux. Et moi je me dis que le pauvre n'a pas fini avec les examens.

En gros, voici ce qu'on sait au jour d'aujourd'hui :

- Testicules anormalement petites, et il semblerait que d'autres éléments au niveau de la verge fassent également penser à une absence de production de spermatozoïdes. Il semblerait que l'urologue soit pessimiste quant au fait de pouvoir en trouver même par ponction.

- Par acquis de conscience, selon les termes du médecin, il doit faire des examens sanguins : hormonal d'une part, avec la mesure de la FSH, LH, testostérone et prolactine. Génétique d'autre part, avec la recherche du caryotype. Qu'on ne me demande pas ce que c'est exactement, mais à ce que j'ai vu, les délais de résultat sont très longs...

- Je dois accompagner au prochain rendez-vous. Or, comme je viens de découvrir que les délais pour le caryotype étaient très long (ça varie entre 10j et... 5 semaines !!!), moi qui était toute contente d'avoir obtenu un rendez-vous dans un délais très court (le 16 avril prochain), j'ai peur de devoir repousser au mois de mai...

- J'ai essayé de relancer la discussion, afin de faire prendre conscience à l'Homme que s'il ne devait plus y avoir d'espoir d'avoir un bébé issu de nous deux, il devait sérieusement se pencher sur la question du donneur. Voir si c'est plus important pour lui d'avoir un bébé biologique qu'un "simple" bébé. Et aussi car moi, j'ai besoin de me projeter et j'ai besoin de savoir dans quelle direction nous allons partir, le deuil définitif d'une dernière grossesse, ou un parcours médical lourd, semé d'embûches, d'attente et peut être de déception pour y arriver. Pour l'heure, sa seule réponse est un "oui, oui", accompagné de ses yeux levés au ciel. Les hommes et les femmes ne viennent vraiment pas de la même planète...

Voilà pour les nouvelles. De mon côté, le cycle suit son cours. Avec ses douleurs pré-ovulatoires prononcées. Je suis à J11, j'ai eu 3 jours discontinus de glaires blancs d'oeuf, une baisse de température hier et aujourd'hui ça remonte légèrement (je suis passée de 36,4 à 36,6). Après un cycle à rallonge, j'ai à nouveau droit à un cycle plus court. Et tout ça me rappelle douloureusement que mes ovulations arrivent pour rien. Que quoi qu'on fasse, il n'y aura pas de bébé au bout.

Mais disons que globalement, le moral remonte quand même. Ai-je le choix ? Je ne vais pas me coucher sur le bord de la route et me laisser mourir. Quand bien même je le voudrais, je n'y arrive pas. J'ai besoin de mes moments de déprime, mais je ne suis pas du genre à me complaire dedans.

mardi 18 février 2014

C14-J14

Genou à terre, mais pas vaincue. J'ai décidé de me relever et de me battre. Tant qu'il y a un petit soupçon d'espoir, et bien il est hors de question que je me laisse "mourir".

Je reprends donc rapidement mon récapitulatif habituel de symptômes :
- 36,4°C ce matin
- Impression de glaires liquides (mais bon, apparemment, les vraies glaires propices sont aux abonnés absents, c'est pourquoi je vais désormais parler d'impression).
- Col entrouvert.
- Fortes douleurs au bas-ventre. Semblerait que je n'ai pas apprécié du tout le speculum et le prélèvement de glaires au niveau du col. J'en aurais presque pleuré hier soir tant c'était douloureux. Ce matin, douleurs de règles. Plus supportables. Plus habituelles.
- Moniteur à 2 barres pour le 5ème jour. Je pense avoir mon ovulation le 21 ou 22.

Du côté des démarches médicales, sans nier le fait que pour l'heure, il y a plus de chances que nous ne puissions pas avoir notre bébé, je me dis que j'ai eu quelques mots et remarques qui ne nous condamnent pas. La biologiste hier a été honnête avec moi, en me disant qu'un spermogramme avec un verdict d'azoospermie est rarement un hasard, mais elle m'a confirmé qu'il était très possible que des spermatozoïdes soient stockés quelques parts ("plein de spermatozoïdes", je cite). Elle semblait même heureuse pour moi d'avoir obtenu un rendez-vous rapide chez mon gynécologue, et m'a proposé de téléphoner aujourd'hui pour avoir l'interprétation du test de Hühner, qui, apparemment, ne sera pas optimal lui non plus. Si je présente en plus de ça un problème de glaires, et bien ma foi, je me dis que ce n'est que justice et que ça me remettra plus ou moins sur un pied d'égalité avec l'Homme...

Et surprise du jour, mon gynécologue a pris la peine de m'appeler. Il semblait surpris du résultat "étonnamment mauvais"... Forcément, dans sa tête, l'Homme était déjà papa de mon fils... Il a fallu que je lui dise que non. Deuxième lueur d'espoir, il m'a posé une question bizarre : "Est-ce que votre compagnon a été malade ? A-t-il pris un traitement récemment ?". Je lui ai dit que non, mais en fait, si, il a été malade. Un gros virus style rhinopharyngite et, comme à son habitude, il a voulu faire un traitement de cheval en doublant les doses des médicaments qu'il utilise en auto-médication... Semblerait que certains médicaments provoquent des azoospermies temporaires... Je sais que je me raccroche à tout ce que je peux de positif. Mais c'est essentiel. Je dois continuer à y croire. C'est seulement le jour où on me dira "désolé, c'est mort, on a tout essayé et de cerise, vous n'en verrez même pas la queue", que je baisserai les bras et ferai un deuil définitif de ce bébé.

Du coup, il m'a expliqué que c'était inutile que l'on se revoit pour le moment : "Non pas que je ne veuille pas vous voir, mais l'urgence est que votre conjoint voit un urologue. Je vous conseille vivement celui-ci. Il est loin, mais ici, vous n'en trouverez pas de correct. Je vous fais un courrier à lui remettre lors de la consultation et une ordonnance pour un second spermogramme, afin de confirmer le premier diagnostic et je vous envois tout ça très rapidement". Voilà. Mon gynéco, c'est une grande histoire d'amour. Il est gentil, attentif, doux au niveau des examens (j'avoue être un peu traumatisée par la rudesse des gestes de la biologiste) et d'une efficacité redoutable... Ça fait 12 ans qu'il me suit. Et je n'en changerais pour rien au monde.

Je viens d'avoir l'Homme au téléphone : il a pris rendez-vous. Je suis contente qu'il s'implique, même s'il appréhende ce rendez-vous. Je le comprends... Se faire tâter les roubignoles ne doient pas être plus agréable que de se faire tripoter dans le vagin avec un speculum...

Au moins, dans tout ça, j'ai eu un sourire. La biologiste m'a donné une recommandation : "Mais malgré tout ça, continuez à faire l'amour avec votre compagnon"...

Sage recommandation. Nous ne sommes pas à l'abri d'un miracle après tout...

lundi 17 février 2014

C14-J13

Comme promis, je viens faire le rapport d'un week-end de cauchemard... Ça ne va pas être facile de vous retranscrire les émotions qui me sont passées par la tête et le coeur, mais je vais essayer quand même, ne serait-ce que parce que ça me semble important.

Je suis donc allée au laboratoire samedi matin. Plutôt confiante, puisque j'avais l'impression d'être mouillée, signe de présence de glaires selon mes croyances... La biologiste, une grande et belle femme, m'a reçu. Je me suis installée sur la table d'auscultation et en quelques secondes, elle m'a dit que ça n'irait pas : pas de glaires du tout et col trop fermé. J'allais donc devoir revenir lundi. En soi, rien d'épouvantable. Mais elle a poussé plus loin en m'expliquant que ce serait vraiment bien que je revienne le lundi : en l'absence de glaire ce jour-là, il serait possible de penser qu'un manque de glaires soit la cause de nos échecs. Du coup, je n'ai pas pu m'empêcher de lui expliquer l'historique de mon histoire : déjà 3 enfants à mon actif, conçus sans aucun problème. L'Homme sans enfant encore. Et un spermogramme effectué quelques jours plus tôt. Elle a eu un moment de silence. A tout noté sur le dossier, puis a demandé le nom de mon conjoint et la date de son spermogramme. Une fois les informations notées, elle m'a demandé s'il était avec moi et si nous souhaitions avoir une interprétation des résultats du spermogramme. On a dit oui.

Une fois dans son bureau, elle a pris un ton grave et nous a expliqué que les examens n'avaient pas pu être pratiqué car elle n'avait "trouvé aucun spermatozoïde dans l'échantillon récolté". Même après passage en centrifugeuse (apparemment, parfois il arrive d'en trouver par ce biais). Pas un seul.

AZOOSPERMIE. Voilà le verdict qui nous est tombé sur la tête. Aucune trace de production de spermatozoïdes.

Devant nos têtes effarées, la biologiste nous a expliqué qu'il existait deux cas principaux d'azoospermie : éxcretoire et dans ce cas, c'est simplement un souci de transmission entre les testicules qui produisent et le canal qui permet aux spermatozoïdes d'être présents dans le sperme. Il est possible d'aller les "chercher" là où ils se trouvent par biopsie, puis tenter une IAC (insémination avec sperme du conjoint). Dans le deuxième cas : l'azoospermie secrétoire, il n'y a plus de production de spermatozoïdes au niveau des testicules et là, aucun recours biologique possible. La seule solution est l'IAD (insémination avec sperme d'un donneur) ou l'adoption.

L'Homme et moi sommes sortis du laboratoire sonnés. Sans voix. Lui a juste déclaré en rejoignant la voiture : "Voilà. C'est à cause de moi.". Et le fameux sentiment dont je parlais, de préférer que ce soit lui qui ai un problème, je me suis mordue le coeur et les tripes de l'avoir seulement pensé.

Nous devons désormais recontacter mon gynécologue afin que l'Homme soit redirigé vers un urologue (l'équivalent du gynécologue pour les messieurs), afin de pousser les investigations plus loin : palpations des bourses, bilan hormonal et éventuellement, biopsie des testicules, à la recherche de ces spermatozoïdes.

Samedi a été une journée de pleurs et de déprime absolue, comme je n'en avais jamais connu avant. J'ai eu à coeur de ne pas laisser mon chéri se renfermer sur lui-même et lui ai dit que je ne lui en voulais en aucun cas, qu'il n'y pouvait rien. Et que désormais, il avait les cartes en main : si son désir de paternité était plus fort que ce lien biologique tellement essentiel dont il m'a toujours parlé, alors on ferait les démarches pour faire une IAD, quand bien même ce n'était pas du tout mon projet à moi. J'ai déjà des enfants. Je peux comprendre qu'il ne veuille pas s'en passer d'un qui portera son nom.

Voilà. Nous avons eu notre samedi noir.

Maintenant, il faut relever la tête et se battre. J'espère juste que Dame Nature ne sera pas totalement pute avec nous, et nous permettra quand même d'avoir notre petite Cerise (sur le gâteau) un jour, même si le chemin va être bien plus long et compliqué que prévu.